Le Blog «greek crisis»
Historien et ethnologue de formation, je suis un témoin actif du temps des transformations, suivant un regard, à la fois ethnographique et de chroniqueur. Ayant vécu en France durant plusieurs années, je me suis installé en Grèce, depuis 2008, poursuivant jusqu'à la fin 2010, mes recherches, notamment sur le quotidien vécu et pratiqué des recrus grecs, entre 1916 et 1923, surtout, à travers leurs écrits personnels (lettres aux "marraines de guerre", carnets personnels, gazettes du front). Ces recherches, entreprises au sein d'organismes comme le CNRS grec, ont été interrompues à la suite de la dégradation de toutes les situations que nous connaissons depuis 2010 en Grèce. Parallèlement j'ai parcouru le pays continental, puis ses îles, à la rencontre de son quotidien ainsi que des fractures/recompositions des syllogismes collectifs qui se multiplient mais dans un contexte de crise.
Ma démarche se situe également aux confins de l'identité et de la différence, qui plus est, dans un contexte mondialisant d'interconnexions économiques culturelles et des frictions y afférentes à travers lesquelles la «faillite» économique grecque ne semble point constituer un cas à part. C'est ainsi que le quotidien, les stéréotypes, l'imaginaire, les petits gestes, les significations des échanges, mots, regards, sentiments et les relations interpersonnelles à travers tout un pays et ses «petites histoires», se transforment à une vitesse qui rappelle aux historiens les entrées en guerre ou les périodes d'occupation. Car un jour de mai 2010, le Fond Monétaire International, l'Union Européenne et la Banque centrale Européenne ont fait irruption dans la vie quotidienne et dans la vision du futur des Grecs. La mise sous tutelle du pays par Troïka, modifient les existences et les comportements. Il y a un avant et un après. En somme, un vent mauvais, un poison ambiant, la mise à mort des petites et des grandes habitudes une mutation collective rapide, suspendue à la perte des repères.
La portée des événements grecs sur les affaires planétaires semblerait minime, et pourtant, tout le monde (ici et ailleurs) ressent une nouvelle situation potentiellement imprévisible et gravement inconnue. Saisir ces moments, ces instants, les faits et gestes du quotidien, apporter le minimum nécessaire de profondeur historique sur la sociabilité changeante, des attitudes et des représentations collectives de soi et des autres, et pouvoir ensuite "émettre" ces tranches de vie quotidienne depuis la Grèce, à destination du monde francophone, voilà en somme ma démarche, concrétisée notamment, à travers mon blog: greek-crisis.gr
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